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Épisode 6 : Dessiner pour soi VS pour les autres

Dernière mise à jour : 27 juin




Quand j'ai dit le thème de mon article du jour à ma collègue d'atelier, Camille Gobourg, elle m'a posé une question assez pertinente que je vous note ici :


"Finalement, est-ce qu'on ne dessinerait pas toujours pour les autres ?"


C'est une bonne et grande question dans notre domaine. L'illustration est un moyen de communication et on dessine, en général, pour transmettre un message ou une idée.


Je vous laisse réfléchir. On y reviendra plus bas :)


Il y a une semaine avec le collectif Bourrage Papier on organisait un festival d'illustration. Pour l'occasion on a invité La Buse, qui a donné une conférence qui m'a fait l'effet d'un coup de poing. On connaissait son sujet : questionner le statut d'artiste/auteur, et le souhait de constituer un projet de loi, qui viserait en gros, à ce que les artistes aient un statut d'intermittent, soit toucher un salaire tous les mois les aidant à créer.

On s'est tous.tes dit que ce serait incroyable ! (votez Front Populaire le 30 juin, ça aidera les artistes et le monde sera rempli de nouvelles BD/ créations, promis, ça va être génial !)


Pour vous donner une idée, une Bande dessinée prend souvent plus d'un an à être illustrée et demande un temps plein, sauf que les maisons d'éditions, qui ne sont pas non plus pleines aux As, donnent souvent moins de 5000 euros (et des droits d'auteurices compris entre 2 et 12 % il me semble) pour la création de celle-ci. Elles doivent / ou l'illustrateurice doit chercher des bourses de son côté, et c'est souvent diffcile à obtenir.


En écoutant cette conférence, qu'on avait pourtant toutes et tous préparée avant qu'elle ai lieu, et entendre de vive voix qu'il était rare qu'une personne de notre profession gagne un SMIC, m'a vraiment retourné le ventre.


Alors comment garder la passion pour cette activité que j'aime tant, quand, il faut chercher des clients, prendre toujours plus de commandes pour toucher un salaire, gérer sa propre promotion, emballer, imprimer, envoyer des livraisons, faire sa compta et travailler chaque mois, plus d'heures ?


Et bien, parfois, c'est un peu complexe, mais j'ai trouvé un rythme qui m'aide, je crois".


Les projets pour les client.es :

Je travaille en numérique sauf si c'est une demande spécifique au projet, alors, je réalise des illustrations à l'encre et/ou à l'aquarelle. Travailler sur des logiciels me permet d'être plus efficace, de pouvoir changer les couleurs quand c'est nécéssaire ou déplacer les éléments, les agrandir ou les rétrécir.


Parfois, c'est 40 illustrations qu'il faut faire par mois, et qui ne sont pas tout à fait "libres" puisque ce sont des commandes. J'adore travailler pour les autres parce que ça me fait sortir de mon imaginaire ou des thématiques que j'aborde. Par contre, si je dois être honnête, est ce que j'ai hâte de rentrer chez moi, sortir ma ptite palette et dessiner : BOF.


Mes projets personnels : 

Pendant un temps, ma pratique personnelle n'existait plus. Ça m'épuisait d'illustrer en dehors des contrats. J'avais envie de souffler.


Puis, je me suis dis, qu'à ce rythme là, mon rêve de publier une BD n'arriverait pas de si tôt, alors je me suis forcée à me prendre un jour ou deux jours pour moi, pour travailler sur mes projets.

Et pour que ce soit plus agréable, j'essaye de ne faire que de la technique traditionnelle. Ça varie les plaisirs ! ahah


Mais bon... Écrire un scénario, illustrer un livre, c'est aussi un "travail" qui demande de la rigueur. Évidemment, je trouve ça amusant parce que j'illustre une histoire sortie de ma tête, mais c'est assez épuisant parce que, la pire de toutes les clientes que j'ai jamais eu, c'est moi-même !!!



Dessiner sans but :

Ça mes ptits choux, c'est le truc qu'on oublie de faire avec le temps.

QUID des nocturnes sous la couette à dessiner sur un carnet, à recopier Lanfeust (ok c'est un exemple assez personnel.), des rebus sur la plage, des balades en forêts à créer des landArts avec des feuilles mortes et des cailloux ?

Franchement, c'était tellement l'éclate de faire ça !


Il y a deux ans, je suis partie en vacances toute seule pour la première fois.

Je n'avais pas pris ma tablette avec moi pour m'interdire de travailler, et on m'avait offert un carnet avant de partir.

J'avoue que toute seule, parfois le temps était un peu long, et que m'assoir en terrasse sans "activité" m'a rapidement mis mal à l'aise. Alors, j'ai sorti un crayon et j'ai dessiné.

C'était comme être dans une coquille. La tête plantée dans mon carnet, je me foutais royalement du regard des autres car je ne les voyais pas. J'ai trouvé ça rassurant.

Et je pouvais siroter mon spritz solo, sans avoir à parler à personne ou à scroller sur mon téléphone : le méga kiff.


J'y ai pris goût. Le lendemain, je suis allée au Rougier et Plé de Nimes, j'ai acheté une 1000 aquarelleS. J'avais un nouveau but, dessiner toute la ville. J'ai adoré marcher des heures dans le but de remplir mon carnet d'aventures que moi seule connaissait.

J'étais la seule à pouvoir juger mes dessins, donc je pouvais faire des tests supers laids, et mélanger des couleurs improbables.


Je me suis rendue compte de quelque chose de très important : ça fait tellement de bien de dessiner de façon instatannée, de tester des techniques inhabituelles, de ne pas avoir peur de rater, ne pas être obligée de recommancer.


Le côté imprévisible du carnet de voyage m'a appris beaucoup de choses dont le lâcher prise. Et c'est devenu très important de m'enfermer de temps en temps dans mon carnet, ne faire attention qu'à moi, dessiner pour moi, de manière insouciante : expérimenter et jouer.










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